jeudi, 15 janvier 2009
La lettre de rupture
Ecrire une lettre de rupture originale (la plus originale possible) en trois phrases comportant les éléments suivants :
Mon amour,
Je t'ai aimé(e) parce que......
Je suis resté(e) parce que...
Je te quitte parce que....
Ma tentative :
Mon amour,
Je t'ai aimé parce que tu avais la montre la plus silencieusement exacte qui fût, un bijou d'horloger suisse d'une rareté que tu ne soupçonnas jamais.
Je suis restée parce qu'il n'était pas l'heure de partir.
Je te quitte parce qu'à présent que ta montre est en dépôt au Mont-de-Piété, je suis aussi ponctuelle sans toi qu'avec toi ; pourquoi m'encombrer ?
Adieu.
A vous les stylos !
Miss Deee.
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lundi, 24 novembre 2008
S+7 : Ebauche d'une serpette
Principe : S+7 est un jeu oulipien qui consiste, à partir d'un texte ou poème connu, à remplacer tous les substantifs par le septième substantif qui les suit dans n'importe quel dictionnaire.
Ebauche d'un serpent de P. Valéry à la moulinette de S+7 :
EBAUCHE D'UNE SERPETTE
Solfège, Solfège !... Fébrifuge éclatant !
Toi qui masques la mortadelle, Solfège,
Sous le Babel et l'oranger d'un tépidarium
Où les fleuves tiennent leur conservatoire ;
Par d'impénétrables délits,
Toi la plus fière de mes componctions,
Et de mes pierrots le plus haut,
Tu gardes les cofidéjusseurs de connaître
Que l'uretère n'est qu'une déférence
Dans le purin du Non-Etriqué.
Miss Deee
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vendredi, 21 novembre 2008
Images génératrices de récit...
Un exercice à contrainte visuelle proposé par le CNED aux écrivains publics en herbe.
Trois images sont proposées, à partir desquelles il faut élaborer un court récit (biographie, nouvelle, début de roman...) Le nombre maximal de signes autorisé, espaces comprises, est 3000.
Voici ma production, achevée ce jour.
Manuscrit 52 – Chapitre 1
Le brouillard, qui serpentait autour du ferry depuis Calais, commençait enfin à se dissiper. A bâbord, les premiers rayons de soleil dardaient à travers l’étoffe de brume et frappaient une mer léthargique, qui se tavela bientôt de reflets aveuglants ; au nord, se dessinaient, contours encore vagues, mais qu’on devinait imposants, les White Cliffs qui surplombent Douvres. L’Angleterre était proche, et la libération.
La nuit avait été longue et le peu de sommeil qu’elle avait pu subtiliser à la peur s’était troublé de rêves agités. Briska glissa la main dans son sac bandoulière pour vérifier une énième fois que le manuscrit était bien à sa place. Le contact de l’objet l’incommodait : malgré l’écrin qui le protégeait, il semblait libérer un puissant magnétisme qui tantôt cherchait à repousser sa main, tantôt l’attirait. Son téléphone se mit à vibrer. Elle reconnut sans peine la voix gutturale de Shapira.
« Vous faites bon voyage ? J’espère que vous ne souffrez pas du mal de mer, chère amie ?
- Non, monsieur. Tout se passe au mieux. Je serai à Douvres d’ici un quart d’heure.
- Bien, bien. Vous êtes largement dans les temps. Il ne me reste plus qu’à vous souhaiter mazel ou vrakha, chère Briska !
- Chance et bénédiction, monsieur Shapira ! »
Il était à peine 9 heures lorsque Briska débarqua du train à la gare Victoria. Elle s’engouffra dans les ternes tunnels du métro londonien pour ne revoir le jour qu’à la station Edgware Road. La librairie était à deux pas de là, selon Shapira.
Quand elle approcha, Briska aperçut un homme qui se tenait sur le seuil, clés en main. Elle ne sut déchiffrer s’il partait ou arrivait et, dans le doute, l'apostropha sans retenue.
« Bonjour, sir, je dois voir Omar, j’ai un message pour lui. Savez-vous où je peux le trouver ?
- Je suis Omar. Suivez-moi, miss. J’allais justement ouvrir. »
L’intérieur était exigu, les murs tapissés de livres sans âge. Omar reprit :
« Alors, dites-moi tout, quel est votre précieux message ?
- Manuscrit 52…
- Mmm… vous devez être miss Briska… A dire vrai, je vous imaginais beaucoup plus âgée. Une fausse image de la conservatrice de musée, hein ! Je ne vous attendais pas si tôt non plus !
- J’étais pressée de me débarrasser de l’objet.
- Ha ha ! Pourquoi cela ne m’étonne-t-il pas, miss ? »
Omar saisit une boîte qu’il tendit à Briska.
« Voici la copie ! Comme convenu ! Nous pouvons procéder à l’échange. »
De retour à Victoria Station, Briska décida de s’accorder quelque repos. Après tout, elle était encore en avance sur le programme, et depuis la veille –depuis, en fait, qu’elle avait dérobé le manuscrit- elle n’avait rien avalé.
Briska hésitait à rester à proximité de la gare : le quartier vrombissait d’automobiles. Elle sentit alors une main sur son épaule, un souffle dans son cou et une voix douce lui murmura :
« Vous avez été trompée, Briska. Vous avez confié une arme terrible à des fous dangereux. Je ne peux pas vous parler ici, mais je vous donne ma carte, prenez-la. »
Miss Deee
00:45 Publié dans Jeux de textes | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
jeudi, 20 novembre 2008
A Lou, née le 19 novembre 2008
Avec le sourire, et néanmoins beaucoup d'émotion, pour mes deux champenois préférés....
Poème à l’enfant qui vient de naître
Là voilà enfin ! La somme des deux plus beaux !
Oisillon délicat, de la vie le plus précieux cadeau :
Un souffle, un cri, et de la morne attente, ils oublient tout…
Guillaume, ton pater, c’est un bon loulou, p’tite Lou,
Un sacré loustic, mais surtout pas un loup-garou.
Il est bonne patte (de loup) : sur lui tu pourras toujours conter :
Les histoires naturelles, ça le connaît !
Les louves, les loutres et autres loups-cerviers,
Aucun de ces ‘lou’-là pour lui n’a de secrets.
Une illusion si tu viens un jour à croire qu’il ne te voit pas,
Mieux que quiconque il t’écoutera, te comprendra, te guidera
Et c’est avec une infinie tendresse qu’il te verra grandir, crois-moi.
Karel, ta mater, elle, c’est une louloute vraiment racée,
Avec un cœur comme une église, sans qu’on ait à la prier.
Rien que d’y penser, ma Lou, que tu es là enfin pour la combler
Eh bien ! ça me remplit d’une joie désordonnée !
Lou, bienvenue, tu es sortie du bois : entre dans la danse, bébé !
Miss Deee
23:23 Publié dans Jeux de textes | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
mercredi, 19 novembre 2008
Lapsus Lectionis
Principe : "Vers 1975, frappé des erreurs de lecture que je fais dans la rue ou dans les lieux publics, je me mets à écrire des textes qui obéissent à une contrainte très simple : construire un trajet sémantique qui parte de la lecture erronée et rejoigne la lecture correcte." Philippe Lejeune. Si vous avez déjà vécu une telle expérience, notez le mot ou la phrase que vous aviez cru lire ; à partir de là, construisez un texte qui rejoigne le mot ou la phrase réel (il ne s'agit pas de donner une interprétation de votre erreur, mais d'inventer une histoire ou un poème qui serve de "pont" entre les deux lectures)
Dans le poème suivant, les expressions en gras correspondent à la lecture erronée et à l'expression réelle.

C'était un drôle d'oiseau de nuit
qui vivait des ventes d'un produit
bien connu des services de police concernés.
"VENDS CANNABIS !" clamait-il parfois sur les marchés,
et si les keufs ou les stups venaient lui pomper l'air,
il filait en courant, ventre à terre.
Un jour pourtant, il fut pris
et son stock d'herbe saisi.
Comme c'était là sa première peine,
il ne joua pas de déveine :
il fut simplement condamné
à se lever matin pour aller travailler
sur le marché même où il fut pécho
au service d'un itinérant en animalerie
qui lui fit porter un panneau
où, en lettres jaunes, étaient inscrits
ces quelques mots : "VENDS CANARIS"
Miss Deee
15:14 Publié dans Jeux de textes | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
mardi, 18 novembre 2008
Lipogramme sans E (2)
La mort suit son cours à Ok Corral
Arthur, l’air hagard disait mot, l’alibi du complot fut vain … au fond d’un bar, un sillon sanguin vomissant laissa la vision d’un film abracadabrant… coulant, noyant, un corps masculin gisant sans bras ni larynx dans son flux abondant. Un gros commandant, colt sorti sans sommation, chocolat chaud à la main, il toussa… Pas loin, son larbin caporal abruti tua un cafard puant trop gigotant du talon…
Trahison ! Arthur s’alita ni chaud ni froid, tabac aux doigts. Il narra sans un sanglot dans la voix, un combat sanglant d’amants jaloux pas rigolo. Un poignard tambourinant la chair dans un mauvais polar… La fin d’un soupir glacial, la mort du mari. L’intrus fut abattu... Tyran, dit Arthur, mais par amour à foison pour la darling du concubin ! Stylo par à-coup à profusion, l’assistant plouc nota sur son bouquin la fin du coquin…
Arthur dos au mur, avoua fait du hachis qui justifia sans soucis un moignon sur un drap kaki aux motifs mal assortis puis sombrant dans un coma profond, il tomba… un bout tordu tomba au sol, un poison l’avait fait partir à la mort… Ni à la prison ni au paradis, Arthur n’ira, puni par sa main … il mourut sans sanglots…
Soso
14:15 Publié dans Jeux de textes | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
lundi, 17 novembre 2008
Lipogramme sans E
Définition : Un lipogramme est un texte qui obéit à une contrainte hypercontraignante : se débarasser (lipo=je laisse) d'une lettre (gramma), et si possible, pour que l'exercice soit plus drôle et plus chronophage, une lettre fréquente.
Dans le texte suivant, nous avons licencié la lettre E. Les mots en italique avaient été choisis avant la rédaction du texte.
UN CHAT QUI DORT SUR L'OR
Francisco gardait au fond du caboulot où il vivait un parfait alligator, tout rutilant, quasi coruscant, mais sourd tout autant. Il aimait avoir dans son goulot un gros chat : goût sûr ! Dans son ciboulot il disait : "un bon chat doit s'aplatir, galant, sous crocs puissants !"
Calamity avait dans son doux nid un chaton tout rond nourri à la souris. Il adorait dormir sur un pantalon pourri dont il avait sans faiblir fini trois fils à la main.
Un jour, Francisco, ami à Calamity, parfois surtout son amant, quand l'amour bandait haut à l'insu du goal volant du palpitant, fut fort ballot : l'alligator conçut un rot jovial qui humait bon un chaton cuit ! "Un mauvais plan pour mon joli minois ça, Alli ! La Calamity va nous farcir s'il s'agit du mignon chaton qui vit dans son nid !" 'Las ! Son mal fut accru quand Alli vomit sur le tapis, car dans son vomi, Francisco vit non pas un poil du chat mais un doigt dodu qu'il connaissait tout à fait...
RIP Calamity ! La confusion d'Alli -quand il ouït ton pas, il crut un chat miaulant- t'a valu ta fin mais ton chaton sur cinq lingots dort : il toucha bonbons d'un contrat sur ta mort.
Miss Deee
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